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Les visages de la transition énergétique

Modif.: 15/06/2016

Le Réseau pour la Transition énergétique (CLER) s’est réuni à Grenoble du 20 au 22 mai 2015. Une rencontre nationale où des dizaines d’acteurs de terrain sont venus échanger sur les thèmes des énergies renouvelables, de la maîtrise de l’énergie et de la précarité énergétique. Compte-rendu.

A la fin de l’année, la France accueillera le 21e sommet de l’ONU consacré au climat. Cet événement sera l’occasion ou jamais de débattre des solutions pour limiter le réchauffement planétaire et de leur mise en œuvre. La France s’engage actuellement, dans la prochaine loi pour la transition énergétique et la croissance verte, à développer les énergies renouvelables (EnR) dans la durée (32 % en 2030 et une étape à 23 % en 2020). C’est bien, mais on peut imaginer mieux dans une société qui développerait ces énergies alternatives à 100 %.

100 % EnR : ce slogan mondial et fédérateur doit se décliner en France et en Europe, au cœur de Territoires à énergie positive. 100 % EnR, c’est laisser davantage de place aux initiatives locales, favoriser l’accès à l’énergie pour tous et à un coût maîtrisé, créer de nouveaux emplois... Envisager un avenir énergétique dépendant uniquement des ressources naturelles nous impose aussi de changer nos modes de vie. 100 % EnR, c’est ainsi une société plus sobre qui a complètement intégré la nécessité de maîtriser ses dépenses énergétiques, d’avoir connaissance du coût environnemental de ses habitudes alimentaires ou de débattre de manière démocratique de ces évolutions.

Demain, une société 100 % renouvelables

Le table ronde « Vers une société 100% EnR » organisée le 21 mai au cours des Rencontres de la Transition énergétique a permis aux adhérents du Réseau pour la Transition énergétique (CLER) de se projeter dans cette société 100 % EnR. Madeleine Charru, directrice de Solagro, est d’abord intervenue pour aborder la question du système alimentaire qui mobilise « 1/4 de nos consommations d’énergie ». Le scénario Afterres 2050 que Solagro a mis deux ans à élaborer montre un autre chemin, celui d’un modèle agricole viable et soutenable, quantifié physiquement pour la France, à l’horizon 2050. Cette étude prospective décrit par exemple comment notre régime alimentaire impacte fortement l’utilisation des terres, avec 80 % des surfaces agricoles destinées à l’alimentation animale.

Dans une société 100 % renouvelables, modifier nos habitudes alimentaires (en réduisant notre consommation de protéines animales au profit des protéines végétales ou en limitant le gaspillage alimentaire) représente donc un levier d’action fondamental pour atténuer notre impact sur l’environnement et le climat. Manger moins de viande ? Pour Fabrice Flipo, maître de conférences en philosophie, qui a ensuite pris la parole, toute la question est de savoir convaincre et rendre ces scénarios et les mesures associées socialement acceptables. « La graine et le vélo ne sont pas des symboles de réussite, alors comment fait-on pour les transformer ? » En animant un débat démocratique de qualité : les propositions politiques écologistes doivent s’adapter à la réalité et aux problèmes des citoyens, alors qu’elles se confrontent à leurs croyances et leurs convictions, comme le besoin de reconnaissance sociale auquel répond la consommation de masse.

Pour le Réseau pour la transition énergétique (CLER), cet avenir 100 % renouvelables est donc tout à fait crédible et « s’imposera de toute façon un jour à la société », comme l’a expliqué Raphaël Claustre, son délégué général, au journal Le Monde à la veille des Rencontres (voir cet article sur le Monde.fr - accès abonnés). Un mouvement qu’il « faut accompagner de la manière la plus positive possible », conclut-il.

De la théorie à la pratique

« Vers un mix électrique 100 % renouvelables en 2050 » : cette étude de l’Ademe avait disparu du programme d’un colloque où elle aurait dû être présentée le 15 avril 2015. Finalement publiée par Mediapart, elle montre la faisabilité technique et économique d’un approvisionnement électrique fondé uniquement sur des sources renouvelables, sans s’avérer plus onéreux qu’un mix électrique reposant majoritairement sur le nucléaire. Ce scénario marque une étape importante de la réflexion en France autour de la transition énergétique. A l’occasion des Rencontres de la Transition énergétique, David Marchal du service Réseaux et Énergies renouvelables de l’Ademe, qui a piloté cette étude, est venu présenter le contexte dans lequel elle a été lancée, la méthode utilisée pour réaliser un travail de prospective de qualité et ses résultats intermédiaires. Faisabilité, flexibilité, robustesse, développement du réseau, coûts et impacts économiques : Regardez l’intervention de David Marchal en vidéo :

Plusieurs autres thèmes ont enfin été abordés au sein de petits groupes de travail : qu’en est-il du gaz 100 % renouvelables ? Comment les acteurs territoriaux de l’énergie peuvent-ils agir pour mettre en œuvre une mobilité durable ? Comment un service public territorial de l’énergie pourrait-il voir le jour à Grenoble ? Comment améliorer la certification « reconnu garant de l’environnement » dans le domaine de la rénovation énergétique ? Comment mettre en pratique la sobriété dans nos actions ? Pour accédez aux propositions d’actions concrètes issues de l’atelier « Sobriété », cliquez-ici.

- Le Réseau pour la transition énergétique (CLER) s’articule autour de trois missions - échanger, convaincre et informer - découvrez nos actions dans le rapport d’activité 2014 et le rapport moral - ou accédez au rapport financier de l’association.

- Adhérents, les comptes-rendus des réunions « métiers » sont en ligne ou vous seront communiqués directement : si vous êtes un organisme de formation membre du réseau Format’eree, cliquez-ici. Si vous êtes un territoire à énergie positive (Tepos), cliquez-ici.

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