Nos adhérents

Ségolène Royal à l’écologie : il reste tant à faire !

Modif.: 05/08/2015

Le 2 avril 2014, Ségolène Royal reprenait les rênes du ministère de l’Ecologie. Pour les acteurs de terrain réunis au sein du CLER, cet anniversaire est marqué par une loi pour la transition énergétique au milieu du gué. Plusieurs outils essentiels à l’essor des énergies renouvelables et aux économies d’énergie doivent encore être créés pour mettre la France sur le chemin de l’exemplarité en vue de la COP21.

Faux départ ! Quelques semaines après son arrivée, Ségolène Royal abandonne l’éco-taxe poids lourds décidée en 2009 dans le cadre du Grenelle de l’environnement. Elle renonce plus généralement à instaurer en France une fiscalité écologique juste et le principe du « pollueur-payeur ». Depuis, beaucoup de sujets peinent à avancer : la rénovation énergétique des logements, privée d’outils de financement ambitieux, est atone ; la politique de transport durable se résume aux véhicules électriques ; l’énergie est oubliée des lois de décentralisation… En revanche, la ministre a su débloquer la situation et lever des contraintes administratives qui freinaient l’essor de certaines énergies renouvelables. Elle a également mobilisé les collectivités autour de l’appel à projet « Territoires à énergie positive pour la croissance verte ».

Le projet de loi pour la transition énergétique devrait être voté avant l’été. Il n’apportera un réel changement de cap que s’il s’accompagne des outils concrets pour sa mise en oeuvre. Pour Raphaël Claustre, délégué général du CLER, « l’heure du bilan n’est pas encore arrivée. Pour que les objectifs de la loi sur la transition énergétique ne soient pas des vœux pieux, des mesures concrètes doivent encore être prises dans les mois à venir. Le développement des énergies renouvelables et de la rénovation énergétique des bâtiments en dépend. Nous sommes entrain de passer à côté de centaines de milliers d’emplois que ces secteurs pourraient développer. »

Nos trois attentes

A la veille de la Conférence Paris Climat 2015, Ségolène Royal doit encore prendre plusieurs mesures indispensables pour que la transition énergétique prenne corps :

▪ Elle devra réussir la réforme du financement des énergies renouvelables électriques : les filières et les acteurs de terrain, en particulier pour les projets portés par des citoyens, des collectivités et ceux les mieux ancrés dans leur territoire, ont besoin d’un système stable et robuste. Deux conditions sont nécessaires pour éviter l’échec : mettre en place une phase de test pendant laquelle complément de rémunération et tarif d’achat co-existeront, et ne surtout pas s’orienter vers des appels d’offres, dont les échecs successifs montrent la voie à ne pas suivre...

▪ Apporter des solutions au financement de la rénovation énergétique du bâtiment. La France cumule les dispositifs mal articulés, inefficaces, coûteux. La conférence bancaire et financière s’est terminée sans suites ni même conclusions. Le crédit d’impôt transition énergétique n’a aucun effet structurant bien qu’il soit coûteux et risque de s’interrompre rapidement. Des dispositifs cohérents entre eux, plus simples pour les ménages et plus pérennes, encourageant des rénovations ambitieuses, doivent être mis en place et mêler ingénierie financière et subvention, tout particulièrement pour les ménages précaires.

▪ Organiser le service public de la performance énergétique de l’habitat au bénéfice des consommateurs et des territoires. Les structures existantes (Espaces info énergie) doivent être intégrées aux Plateformes de rénovation énergétique pour apporter un conseil indépendant et performant aux particuliers. Par ailleurs, pour que les territoires s’impliquent, les collectivités doivent intégrer la gouvernance du Plan de rénovation énergétique de l’habitat.

Contact : Raphaël Claustre – CLER - 06 03 85 87 96

retour haut de page