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Transition énergétique : l’île de Sein interdite de prendre le large

Modif.: 30/06/2015

Le projet de loi sur la transition énergétique pour la croissance verte a été voté le 26 mai à l’Assemblée nationale (par 308 voix contre 217). Le Réseau pour la transition énergétique (CLER) et le Réseau Action Climat (RAC) regrettent que l’amendement qui aurait permis à des zones non interconnectées de sortir du monopole d’EDF ait été supprimé... Pourquoi l’Ile de Sein ne serait-elle pas libre de construire son propre avenir énergétique sur la base d’énergies renouvelables ? Communiqué.

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En adoptant le projet de loi pour la transition énergétique mardi dernier, les députés y ont réintégré des objectifs structurants que les sénateurs avaient supprimés. En seconde lecture, ils ont par exemple repris la baisse de 20 % de la consommation d’énergie d’ici à 2030 et l’année 2025 comme échéance pour la baisse de la part du nucléaire à 50 % de la production d’électricité. Ils ont également ajouté des dispositions intéressantes concernant la prise en compte du risque climatique dans les rapports des gestionnaires d’actifs.

Malheureusement, le Réseau pour la transition énergétique (CLER) et le Réseau Action Climat (RAC) regrettent fortement qu’ils aient supprimé une disposition progressiste issue du Sénat : la possibilité pour les petites îles de sortir du monopole d’EDF et de sa production d’électricité au fioul pour développer réellement les énergies renouvelables et les économies d’énergie.

Pas de sortie du fioul pour les îles

En effet, le Sénat avait autorisé les zones non interconnectées de moins de 2000 habitants comme l’Ile de Sein à sortir du monopole d’EDF. Une porte entr’ouverte rapidement refermée par l’Assemblée nationale, contrairement aux engagements de la Ministre. La production d’électricité à partir de fioul, polluante et coûteuse, restera donc la norme, le cas de ces îles qui constituent pourtant un terrain d’expérimentation aux enjeux limités étant renvoyé à une annexe de la programmation pluri-annuelle de l’énergie qui sera publiée en décembre.

Pour Anne Bringault en charge du suivi de la loi pour la transition énergétique pour le CLER et le RAC, « le dérèglement climatique est dans tous les discours à quelques mois de la COP21, mais il disparaît quand les intérêts du colosse EDF sont symboliquement menacés par quelques insulaires bretons. Le gouvernement et les députés ont choisi le fioul et les émissions de gaz à effet de serre plutôt que les énergies renouvelables et les économies d’énergie, ce qui est un bien mauvais signe pour la mise en œuvre de la transition énergétique au niveau national. »

Le CLER et le RAC demandent aux sénateurs de réintégrer en seconde lecture les dispositions permettant aux petites zones non interconnectées de sortir du fioul, et si besoin, du giron d’EDF. Elles pourront ainsi mettre à profit leurs ressources naturelles largement disponibles (vent, soleil...) et devenir, comme d’autres îles à l’étranger, des territoires autonomes en enérgie, ce que recommande d’ailleurs l’article 1 de la loi.

Pour en savoir plus sur le projet de loi, le transitiomètre propose une évaluation mise à jour suivant neuf critères : www.transitionenergetique.org/trans...

Contact presse : Anne Bringault – 06 07 34 40 67

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