Mieux consommer grâce aux négawatts
Modif.: 13/07/2010
Or, pourquoi ne pas d’abord réfléchir à la nature de nos usages de l’énergie, plutôt que de raisonner toujours en offre d’énergie ?
Pourquoi vouloir produire toujours plus, sans avant tout chercher à mieux consommer ?
Renverser ainsi notre regard habituel sur l’énergie revient à caractériser une nouvelle ressource : les négawatts, c’est-à-dire la quantité d’énergie économisée par un refus du gaspillage, un usage plus sobre de l’énergie et des gains d’efficacité énergétique.
Ces "gisements de négawatts" sont considérables : en première approche, avec des solutions éprouvées, ils peuvent dépasser plus de la moitié de la production mondiale actuelle. Or cette "production" de négawatts a de formidables atouts : l’énergie la moins polluante est celle que l’on n’a même pas eu besoin de produire. Une "démarche négawatt" doit donc se fonder sur les priorités suivantes :
avant tout, sobriété énergétique dans notre consommation d’énergie, dans notre façon de vivre en société ;
puis efficacité dans tous les usages, c’est-à-dire recherche du meilleur rendement énergétique par rapport à la richesse énergétique utilisée ;
et, in fine, production à partir d’énergies renouvelables ou, provisoirement, à partir d’énergies ayant un impact environnemental le plus faible possible.
La synergie entre ces 3 approches est évidente : à quoi sert la plus remarquable des installations solaires si c’est pour gaspiller, lors de l’usage final, l’énergie produite ? Quelle cohérence ont des actions de maîtrise de l’énergie si, à la source, l’énergie nécessaire est produite avec un rendement déplorable ?
Pour un scénario négawatt, en rupture avec les modèles tendanciels
Un groupe d’une vingtaine d’experts, d’horizons divers, réunis au sein de l’association négawatt, a amorcé en toute indépendance une réflexion sur cette démarche.
Au-delà de propositions d’actions thématiques ou ciblées, son travail porte sur une vision globale (des "scénarios") de consommation/production d’énergie, et leurs incidences environnementales, sociales et économiques.
Les premiers travaux de ce groupe montrent que la seule efficacité énergétique ne suffira pas : sans une démarche très volontariste de sobriété énergétique, il est illusoire de vouloir inverser nettement la croissance de notre consommation d’énergies "sales" pour enfin revenir à un niveau d’équilibre harmonieux avec notre biosphère, notre unique ilôt de vie.
Un seul exemple dans le domaine des transports : la réduction envisagée des émissions spécifiques des véhicules (objectif : 160g CO2/km) est actuellement totalement effacée à la fois par l’augmentation du nombre de véhicules (2,5 milions de plus entre 1995 et 2000) et par l’utilisation toujours croissante de la voiture (durant la même période, le kilométrage moyen annuel a augmenté de 460 km - Source : Etude SECODIP/DGEMP).
Autrement dit, le champ du retour à l’équilibre n’est pas seulement technologique ou environnemental, il est aussi sociétal et citoyen.
C’est là que réside le véritable enjeu de nos choix énergétiques pour demain : il faut avant tout poser un autre regard sur notre façon de consommer, avant de s’interroger sur le comment produire.
Pour en savoir plus sur le scénario négawatt, n’hésitez pas à visiter le site internet de l’association : www.negawatt.org








