Le Prêt à taux zéro doit être écologique et social !
Modif.: 05/09/2008
Améliorer la performance énergétique des bâtiments relève de l’urgence écologique, économique et sociale. En effet, les changements climatiques, la raréfaction des sources d’énergie et la hausse des prix augurent de conséquences très graves pour notre société.
Les solutions résident à la fois dans la sobriété énergétique, l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables. Dans le logement par exemple, il s’agit de coupler un comportement responsable à des rénovations majeures permettant au logement de consommer très peu d’énergie, pour son chauffage en particulier, et de produire autant que possible de l’énergie à partir de sources renouvelables. L’inconvénient de ces solutions : des frais d’investissement élevés que compensent des frais de fonctionnement très faibles, mais qui exigent une importante avance de trésorerie. Les prêts existent pour permettre la réalisation de tels projets, mais les intérêts liés aux prêts sont souvent rédhibitoires.
L’idée lumineuse : un prêt à taux zéro dont les remboursements correspondent aux économies réalisées grâce aux travaux engagés. Le dispositif s’appuie sur les trois piliers du développement durable : social, économique et environnemental. Le prêt que prépare le gouvernement sera conçu de manière à ne soutenir que des opérations de qualité, visant une bonne performance énergétique globale du logement et non des travaux élément par élément ou des rénovations réalisées partiellement.
L’idée est donc excellente, jusqu’à vérification des chiffres… Car le prêt sera plafonné du point de vue de son montant total (30 000 €) et par unité de surface, ce qui est tout à fait logique. Mais il est aussi limité dans le temps. Et cette durée-là, a priori 7 ans, ne permet pas d’étaler les paiements sur des durées suffisantes. En effet, dans la plupart des cas, le prêt exigera des remboursements annuels supérieurs à 2 000 € pendant 7 ans, alors que les économies réalisées seront souvent d’environ 1 000 €. Il est donc nécessaire, pour que le dispositif soit cohérent, accessible à tous et efficace, d’allonger la durée du prêt à taux zéro à 12 ans au minimum.
Démonstration : les logements à traiter en priorité sont les logements d’avant 1975 dont la surface moyenne est de 74m2. La consommation de ces logements est en moyenne de 26 MWh par an pour le chauffage et l’eau chaude sanitaire. L’objectif qui permettrait de se prémunir des prochaines crises énergétiques et climatiques est d’atteindre 4,4 MWh par an (soit 50 kWh/m2.an pour le chauffage et 10 pour l’eau chaude sanitaire). Pour cela, le montant des travaux à engager est d’environ 15 000 € (soit environ 200 €/m2). Les dépenses évitées par de tels travaux seraient de l’ordre de 1 000 € si la maison était auparavant chauffée au gaz. Pour que les remboursements du prêt soient compensés par les économies réalisées, il faut alors que le prêt s’étende sur 12 ans. Si au contraire, le prêt est limité à 7 ans, les remboursements seront beaucoup plus élevés que les économies : environ 1 000 € de surcoût annuel pour un foyer moyen. Si certaines catégories de la population peuvent accepter un tel surcoût pour bénéficier d’un meilleur confort et réaliser des économies au terme du prêt, les ménages les plus modestes seront tenus à l’écart du dispositif, puisqu’il ne seront pas en mesure de financer le remboursement du prêt que ne compensent pas les économies d’énergie. Les chiffres utilisés ici sont issus de la DGEMP (coût de l’énergie) et du Rapport du projet Renaissance du cabinet Enertech (données sur les logements et leur rénovation).
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